Lualaba : la reprise de l’exploitation du cobalt à Tulizembe, Franck Yuma appelle à la neutralité politique et au rejet du tribalisme

Par Timothée Prince ODIA
(Kolwezi le 7 Août 2026). Après six mois d’arrêt provoqué par l’inondation du bassin, la carrière artisanale de Tulizembe, située au village Mupandja dans le territoire de Mutshatsha, a repris ses activités. Mais au-delà du retour des creuseurs dans les bassins, cette reprise intervient avec un autre enjeu : préserver la cohésion sociale dans un site qui rassemble plusieurs milliers d’exploitants venus d’horizons différents.
Dans les zones d’exploitation minière artisanale au Lualaba, les tensions sociales et les risques d’instrumentalisation des creuseurs constituent une réalité à laquelle les acteurs du secteur restent attentifs. Des mouvements de contestation ont parfois marqué certains sites miniers, sur fond de revendications sociales, de divisions communautaires ou d’interférences politiques.
À Tulizembe, les responsables du site ont organisé une causerie avec les exploitants artisanaux avant la reprise effective des activités. L’objectif : préserver la carrière comme un espace exclusivement consacré au travail et éviter que les tensions extérieures ne perturbent l’exploitation minière.
« La carrière doit rester un espace de travail. Nous devons éviter toute activité politique sur le site et bannir les discours de haine ou toute forme de tribalisme », a déclaré Molaï, chargé des relations publiques du site.

Une démarche soutenue par la coopérative COMIBAKAT, qui encourage également les creuseurs à privilégier la discipline, le respect mutuel et la solidarité afin de maintenir un climat favorable aux activités minières.
Pour Franck Yuma, président des creuseurs de Tulizembe, la diversité des origines des exploitants doit constituer une force.
« Nous devons rester soudés. Nos différences doivent être une force et non une source de conflit. La priorité doit rester le travail et la sécurité de tous sur le site », a-t-il indiqué.

Le responsable des creuseurs précise également que les symboles politiques ne doivent pas avoir leur place dans la carrière.
« Aucun drapeau de parti politique ni aucune effigie d’un responsable politique ne doit être visible sur le site. Les creuseurs restent libres de leurs opinions en dehors de la carrière, mais ici, nous sommes dans un espace de travail », a-t-il ajouté.
Située au village Mupandja, la carrière de Tulizembe rassemble plus de 15 000 exploitants artisanaux. Avec la reprise des activités, le site ouvre une nouvelle étape de son histoire, avec le défi de concilier exploitation du cobalt, sécurité des travailleurs et cohésion sociale.
La Rédaction
