Lualaba : l’organisation Action Sans Frontières ouvre le dialogue entre l’EGC et les communautés de Mpwene

Par Noé KALEMEKO
(Kolwezi le 6 Août 2026). L’organisation non gouvernementale Action Sans Frontières a organisé, jeudi 6 août, dans le groupement Mpwene, une activité d’échanges avec les communautés locales impactées par les activités de l’Entreprise générale du cobalt (EGC), notamment dans les villages Tombolo, Kyamabangu et plusieurs autres villages environnants.
Animée par le coordonnateur national d’Action Sans Frontières, Maître Mica Ntenga, cette rencontre a réuni plusieurs représentants des communautés locales, parmi lesquels le chef du groupement Mpwene, les chefs coutumiers, le chef des terres ainsi que des représentants de l’EGC mais également la structure CASMIA-G. L’objectif était de recueillir les préoccupations des populations autour de l’exploitation minière et de ses conséquences sur leur quotidien.

Autour de la table, les représentants des différents villages ont insisté sur l’importance de l’implantation de l’EGC dans cette partie du Lualaba, tout en appelant l’entreprise à prendre davantage en compte les intérêts des communautés locales.
L’emploi, le respect du cahier des charges, les retombées sociales de l’exploitation minière, mais également la question d’une éventuelle délocalisation des ménages figuraient parmi les principales préoccupations soulevées.
« Nous ne sommes pas contre l’exploitation minière. Nous voulons simplement que nos droits soient respectés et que les communautés qui vivent ici puissent aussi bénéficier des retombées de ces activités », a notamment souligné un représentant communautaire au cours des échanges.
D’autres participants ont appelé l’EGC à associer davantage les populations aux décisions susceptibles d’avoir un impact sur leurs terres, leurs habitations et leurs moyens de subsistance. Pour eux, toute opération de déplacement devrait se faire dans la transparence, avec une information préalable des communautés et des garanties sur les compensations et les conditions de réinstallation.
Le village de Tombolo, concerné par les activités minières attribuées à l’EGC, constitue également un espace de vie ancien pour les communautés de Mpwene. Selon les éléments recueillis par Action Sans Frontières, certaines familles y sont établies depuis plusieurs décennies. La population dépend notamment de l’agriculture, de la pêche sur le fleuve Lualaba et, pour une partie, de l’exploitation minière artisanale.

Cependant, les représentants de l’EGC présents à la rencontre ont salué l’initiative d’Action Sans Frontières, estimant que ce cadre permet de mieux comprendre les besoins et attentes des communautés. Ils ont promis de faire remonter les préoccupations exprimées au cours des échanges auprès de leur hiérarchie.
A l’issue de la rencontre, les différentes parties ont convenu de mettre en place un cadre permanent de communication entre l’entreprise, les autorités locales et les communautés. L’objectif est notamment de favoriser la transparence, prévenir les incompréhensions et maintenir un dialogue régulier autour du projet minier.
Cette rencontre s’inscrit dans le cadre d’un programme de collecte de données mené par Action Sans Frontières (ASF), à travers son programme « Reportage Sans Frontière », sur les activités de l’EGC dans la province du Lualaba. L’organisation indique vouloir documenter les préoccupations des communautés concernant notamment l’emploi, la délocalisation, le cahier des charges et les retombées sociales de l’exploitation minière.

ASF prévoit également de finaliser un rapport d’enquête ainsi qu’un documentaire consacré au processus de délocalisation évoqué dans les communautés de Tombolo et Kyamabangu. Cette structure membre de la société civile affirme vouloir présenter les différents points de vue et reste disposée à recueillir la version de l’EGC.
Au-delà de cette rencontre, la question du déplacement des communautés demeure un enjeu majeur dans les projets miniers. Le Code minier et son règlement d’application prévoient notamment des mécanismes liés à l’information et à la participation des communautés affectées, ainsi qu’aux indemnités, compensations et conditions de réinstallation.
Pour Action Sans Frontières, le respect de ces mécanismes devrait permettre d’éviter que les projets miniers ne deviennent une source de tensions entre opérateurs et populations locales. Celle-ci plaide pour une exploitation minière davantage fondée sur le dialogue, la transparence et la prise en compte des intérêts des communautés.
La Rédaction
