Lualaba : la Nouvelle Société civile congolaise désapprouve la création du FRN dirigé par Joseph Kabila

Par Timothée Prince ODIA
(Kolwezi le 15 Octobre 2026). La création du Front pour la Reconstruction de la Nation (FRN), dirigé par l’ancien président congolais Joseph Kabila, est désapprouvée par la Nouvelle Société civile congolaise (NSCC) du Lualaba. Son coordonnateur provincial, Lambert Menda, condamne l’émergence de ce mouvement armé et met en garde contre les risques liés à l’engagement d’anciens responsables politiques dans une opposition armée.
Dans une interview accordée à Topinfo.cd, Lambert Menda estime que l’accession au pouvoir dans un régime démocratique doit passer par les urnes. Il rejette ainsi toute opposition armée et appelle les dirigeants congolais ainsi que la population à prendre la mesure de la situation.
« Nous ne cautionnons pas un mouvement armé ni une opposition armée, car cela n’existe pas dans notre Constitution ni dans nos lois. C’est déjà un danger et il faut prendre des précautions, parce que ce mouvement est vraiment dangereux », déclare-t-il.
Cette réaction intervient après l’annonce, le lundi 12 octobre 2026 à Goma, de la création du FRN, présenté comme une nouvelle structure rebelle appelée à remplacer le M23. Joseph Kabila en prend la présidence, avec quatre vice-présidents : Corneille Nangaa, Bertrand Bisimwa, Freddy Kaniki et Sultani Makenga.
Dans le même mouvement, l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et le M23 auraient annoncé leur dissolution et leur ralliement à cette nouvelle structure.
Pour Lambert Menda, la situation interpelle également les citoyens sur leur responsabilité dans la défense de la République. Il invoque l’article 63 de la Constitution congolaise, relatif au devoir de défendre le territoire national et l’intégrité de la République en cas de menace ou d’agression.
« Tout citoyen a le droit de faire échec à ceux qui agressent la République. Il y a aussi un devoir de patriotisme et de loyauté envers la République, ce qui, selon nous, n’est pas le cas avec l’ancien président », affirme le coordonnateur provincial de la Nouvelle Société civile congolaise au Lualaba.
L’annonce de la création du FRN soulève également des interrogations sur la suite du processus de paix de Doha, engagé pour tenter de mettre fin aux affrontements entre les forces congolaises et la rébellion de l’AFC/M23.
Au moment de la rédaction de cet article, les autorités congolaises n’avaient pas encore officiellement réagi à cette annonce. Les conséquences politiques et sécuritaires de cette nouvelle configuration restent donc à préciser.
La Rédaction
