RDC/Procès FRIVAO : Constant Mutamba rejette sa condamnation et dénonce un « complot politico-judiciaire »

Par Noé KALEMEKO
(Kolwezi le 21 septembre 2026). L’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, réagit à sa condamnation à dix ans de travaux forcés prononcée le 18 septembre par la Cour de cassation dans l’affaire liée à la gestion des fonds du FRIVAO. Dans une lettre manuscrite adressée aux Congolais, l’ancien garde des Sceaux conteste le verdict et met en cause la procédure ayant conduit à sa condamnation.
Dans une lettre de Constant Mutamba consultée par Topinfo.cd, l’ancien ministre affirme avoir appris sa condamnation avec consternation. Il soutient que la décision est intervenue à l’issue, selon lui, d’un procès expéditif de deux jours, au cours duquel aucun témoin n’aurait comparu et aucune preuve matérielle de détournement n’aurait été présentée.
Constant Mutamba présente cette condamnation comme la suite de ce qu’il qualifie de « complot politico-judiciaire », qu’il situe au mois d’avril 2025. Il estime que cette démarche aurait déjà conduit à une première condamnation qu’il considère comme injuste.
Dans sa correspondance, l’ancien ministre revient également sur son passage au gouvernement. Il affirme avoir servi le chef de l’État et la RDC avec loyauté et patriotisme, avant d’accuser certains collaborateurs de lui attribuer des ambitions présidentielles qu’il dit ne jamais avoir exprimées.
« Ils utilisent la justice, les institutions et les moyens de l’État pour me salir et ternir mon image dans l’opinion », écrit-il dans cette lettre.
Constant Mutamba conteste ensuite les accusations financières retenues contre lui dans le dossier FRIVAO.
Selon les explications contenues dans sa lettre, 14 millions de dollars américains n’auraient jamais été décaissés. Il affirme également que les 4 millions de dollars destinés à l’ICCN sont gérés par cette institution pour la réhabilitation du zoo de Kisangani, avec des travaux qu’il affirme être en cours.
L’ancien ministre évoque aussi un documentaire d’une durée d’une heure et cinq minutes, dont le coût aurait été de 650.000 dollars américains. Il soutient que ces différentes opérations ont été réalisées par le FRIVAO et insiste sur le fait que, selon lui, les montants présentés dans le dossier comme ayant été détournés ne l’ont pas été.
Constant Mutamba affirme par ailleurs que le ministère de la Justice n’est pas le gestionnaire du FRIVAO.
« Ils ont violé les règles de procédure »
Dans la suite de sa lettre, l’ancien ministre estime que certains éléments de procédure auraient été écartés et que son droit à la défense aurait été compromis.
Il affirme notamment que certaines étapes auraient été « escamotées » afin, selon lui, d’empêcher que la vérité soit établie dans cette affaire.
Cette prise de position intervient trois jours après le verdict de la Cour de cassation. Le 18 septembre, la haute juridiction a condamné Constant Mutamba à dix ans de travaux forcés dans le dossier FRIVAO. Son coaccusé, l’ancien coordonnateur intérimaire du FRIVAO Chançard Bolukola, a été condamné à sept ans.
À travers cette nouvelle correspondance, Constant Mutamba maintient donc sa contestation du verdict et livre sa propre lecture des faits qui lui sont reprochés.
La Rédaction
