Kolwezi : la colère monte chez les agents de KCC, excédés par l’insécurité sur leurs sites

Par Noé KALEMEKO

(Kolwezi le 4 décembre 2025). A Kolwezi, les travailleurs de l’entreprise minière KCC-SA, filiale du groupe Glencore, disent ne plus supporter la montée vertigineuse de l’insécurité qui sévit sur leurs sites. Ce mercredi, dès l’aube, les membres de l’intersyndicale se sont retrouvés pour exiger des autorités provinciales une réaction rapide afin d’endiguer les intrusions violentes des creuseurs artisanaux clandestins.

Selon Denis Lumande, président de la délégation syndicale, les zones d’exploitation  notamment les mines à ciel ouvert (Open Pit) et le site T17  sont régulièrement envahies par des exploitants illégaux. Ces incursions récurrentes mettent en péril la sécurité du personnel et perturbent les opérations minières.

Les travailleurs ont ensuite marché jusqu’au Gouvernorat du Lualaba où ils ont déposé un mémorandum appelant la Gouverneure à agir sans délai.

> « Cela fait une année que nous alertons. Nos agents sont blessés, nos véhicules détruits, certains collègues sont morts. Nous ne pouvons plus travailler dans ces conditions », regrette Denis Lumande.

Dans leurs déclarations, les syndicalistes évoquent également les actes de vandalisme et l’incendie de plusieurs véhicules appartenant au personnel. Le dernier cas en date, un véhicule brûlé à l’intérieur des installations mêmes de KCC, a été vécu comme une ligne rouge dépassée.

Malgré un préavis de trois jours adressé aux autorités, aucune réponse concrète n’a été apportée, poussant les agents à intensifier leur mobilisation.

L’intersyndicale recommande par ailleurs la création effective de Zones d’Exploitation Artisanale (ZEA) afin de canaliser les activités des creuseurs artisanaux et d’éviter des affrontements toujours plus meurtriers.

« La loi est claire : quand un périmètre minier est donné en concession, l’État doit en assurer la protection. Nous ne demandons pas plus que l’application du Code minier », insiste un responsable.

A l’entrée des bureaux de KCC-SA, les calicots affichés fixent le ton : « Non à l’insécurité, non à la violence, non aux violations sur le lieu de travail »

La Rédaction