RDC : le Centre Carter appelle à une meilleure gestion des revenus miniers à la 9ème édition de l’alternative Mining Indaba

Par Timothée Prince ODIA

(Kolwezi le 3 Novembre 2025). Le Centre Carter appelle les autorités congolaises à transformer la richesse minière du pays en véritable moteur de développement durable. Un message lancé à l’issue de la 9ème édition de la Conférence DRC Alternative Mining Indaba, tenue du 29 au 31 octobre 2025 à Lubumbashi.

La République Démocratique du Congo regorge de minerais stratégiques comme le cobalt, cuivre, lithium, germanium, coltan et étain, indispensables à la transition énergétique mondiale. En 2022, ces ressources ont généré plus de 7 milliards de dollars de recettes fiscales, contre 1,5 milliard en 2017.

Les indicateurs de développement humain stagnent, tandis que les problèmes de gouvernance, de fiscalité et de transparence persistent.

> « La RDC ne profite pas encore pleinement de ses ressources naturelles », déplore le Centre Carter, qui plaide pour des réformes profondes afin de mieux gérer les revenus miniers.


Des impôts à simplifier, un régime fiscal à stabiliser

Le Code minier révisé en 2018 devait garantir un meilleur partage des revenus entre l’État et les compagnies minières. Selon le Centre Carter, sur le terrain, la réalité est tout autre « trop de taxes, peu de coordination et beaucoup d’évasion fiscale ».

Le Centre Carter recommande donc une rationalisation du régime fiscal pour simplifier les taxes, supprimer les exonérations abusives et assurer une meilleure prévisibilité pour les investisseurs.

Le Centre Carter a signifié qu’au-delà de la fiscalité, la gestion des recettes minières reste marquée par une opacité institutionnelle.

« Plusieurs services perçoivent des taxes sans coordination ni harmonisation des données ».

Pour y remédier, le Centre Carter propose la création d’une autorité unique de gestion des revenus, chargée de centraliser les informations et de moderniser la collecte grâce à la digitalisation.

Une telle réforme permettrait de limiter les pertes financières et d’assurer que les revenus miniers servent effectivement à financer les infrastructures, la santé, l’éducation ou encore l’emploi.

Le Centre Carter insiste aussi sur le rôle clé de la société civile dans le contrôle des ressources naturelles. Les organisations citoyennes ont déjà pesé dans certaines réformes, mais leur marge de manœuvre demeure faible.

L’institution internationale plaide pour l’adoption d’une loi sur l’accès à l’information, afin de permettre aux citoyens de suivre le flux des revenus miniers et d’exiger des comptes.

Alors que la demande mondiale pour les minerais stratégiques explose, la RDC dispose d’une fenêtre historique pour transformer son potentiel minier en croissance inclusive.
Le Centre Carter, à travers son programme Dialogue citoyen pour la maximisation des recettes minières, entend poursuivre son accompagnement du gouvernement et des acteurs locaux dans cette voie.

La Rédaction