RDC : Procès Mutamba, quand le prévenu appelle le sommet de l’état à témoin

Par Timothée Prince ODIA
(Kolwezi le 30 Juillet 2025). En République Démocratique du Congo, le procès de Constant Mutamba, ancien ministre de la Justice, prend une tournure décisive. Convoqué pour la troisième fois ce mercredi, l’accusé s’est présenté devant la Cour avec l’assurance d’un lion, livrant une défense à forte connotation politique.
La prochaine audience est fixée au 4 août, et elle promet d’être explosive. Plusieurs personnalités de premier plan sont attendues, à commencer par la Première ministre Judith Suminwa, citée directement par le prévenu. L’ancienne ministre de la Justice, Rose Mutombo, ainsi que l’ex-inspecteur général des finances, Jules Alingete, font également partie des témoins que la défense souhaite voir comparaître. En tout, une dizaine de hauts responsables figurent sur la liste.
Le ministère public n’est pas en reste. Il prévoit d’entendre plusieurs hauts cadres administratifs et techniques, parmi lesquels;
• Le Directeur général ad intérim de la Cellule de gestion des marchés publics (CGMP)
• Le Secrétaire général du ministère de la Justice
• La Directrice du service pénitentiaire au sein du même ministère
• Le Secrétaire permanent de la cellule de gestion des marchés publics du ministère de la Justice
• Le Secrétaire général du ministère des Infrastructures, Travaux publics et Reconstruction (ITPR)
• Le Directeur général de la société Frivao
• Le gestionnaire de l’immeuble hébergeant les bureaux de la société Zion
En exigeant la comparution de figures aussi emblématiques de l’exécutif, Constant Mutamba transforme ce procès en affaire d’État. Ce choix stratégique, aux relents politiques, pourrait rebattre les cartes lors de la prochaine audience.
Lors de la séance du 3 juillet dernier, la Cour avait rejeté les exceptions et fins de non-recevoir soulevées par la défense, les jugeant recevables mais non fondées. L’instruction s’était alors ouverte, donnant lieu à une première audition du prévenu. Mutamba avait nié en bloc les faits qui lui sont reprochés, affirmant son innocence avec vigueur.
Il est accusé de détournement de 19 millions de dollars dans le cadre du projet de construction d’une prison à Kisangani.
La Rédaction
