Lualaba : Gestion provinciale, l’UDPS exige des priorités claires

Par Noé KALEMEKO
(Kolwezi le 4 Mai 2025). Lors d’un point de presse organisé ce week-end, il a été l’occasion pour Elie Mbumb, président de la fédération Kolwezi 2 de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS Tshisekedi), 10e rue Limete, de dresser un tableau sans complaisance de la gestion des infrastructures dans la province du Lualaba.

Dans une prise de parole directe et sans langue de bois, il a dénoncé la déconnexion croissante entre les attentes de la population et les décisions des autorités provinciales, pointant du doigt une série d’initiatives perçues comme peu prioritaires dans un contexte d’urgence sociale et économique.
« Accompagner le chef de l’État, ce n’est pas flatter ; c’est faire ce que veut la population », a martelé Elie Mbumb.
Pour lui, les besoins sont clairs, ceux des infrastructures durables, pensées pour améliorer le quotidien des citoyens. ‘’À l’inverse, la réalité du terrain démontre une mauvaise lecture des priorités. La route de Dilolo, par exemple, reste dans un état de délabrement avancé, alors qu’elle est vitale pour les échanges agricoles dans la région’’.
« Je viens de Kapanga il y a quatre mois, et je vous dis que la situation est catastrophique », a-t-il insisté.

La critique est d’autant plus vive qu’elle intervient quelques jours après un événement révélateur du climat politique actuel : le rejet, par la majorité de l’Assemblée provinciale, d’une question orale avec débat adressée au ministre des Infrastructures, initiée par le député Eddy Kapend.
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Une décision qui, selon Elie Mbumb, traduit un refus évident d’assumer les responsabilités de contrôle confiées à l’institution.
« L’Assemblée ne peut pas être une caisse de résonance. Elle doit contrôler, légiférer, elle est la gardienne du budget provincial », a-t-il rappelé.

Dans son intervention, Elie Mbumb a aussi pointé le contraste entre les investissements colossaux annoncés et les réalités locales. Le projet de construction d’un bypass Kolwezi-Fungurume estimé à 580 millions de dollars a suscité son incompréhension.
« La route nationale n°39, essentielle pour désenclaver des zones agricoles, ne coûterait pas autant. Où est donc la priorité ? »
Dans un Lualaba qui représente 70 % de la production mondiale de cobalt, Elie Mbumb déplore que les retombées de cette richesse ne soient pas visibles dans le vécu quotidien des habitants.
« Kassaji, deuxième ville de la province, est l’ombre d’elle-même. Le manioc et les arachides pourrissent faute de routes. Ce n’est pas acceptable dans une province aussi stratégique », a-t-il déploré.
Faisant écho à la posture adoptée par certains députés qui préfèrent le silence au risque de déplaire à l’exécutif, Mbumb a été catégorique, « Nous ne devons pas nous taire. Nous sommes le parti au pouvoir, c’est notre devoir d’accompagner avec des critiques constructives. »
En filigrane, le fédéral de l’UDPS rappelle que le chef de l’État ne peut pas être partout. Il compte sur ses lieutenants, à savoir les gouverneurs et l’Assemblée provinciale, pour traduire sa vision sur le terrain. Mais cela nécessite un changement dans la manière de gouverner.
« Je ne dis pas qu’il faut tout changer. Je dis qu’il faut changer la manière de gérer, en plaçant en tête ceux qui ont des besoins prioritaires », a-t-il conclu.
La Rédaction
