Lualaba : le FONER et les opérateurs économiques réunis au sein de la FEC échangent sur l’entretien des routes

Par Timothée Prince ODIA
(Kolwezi, le 23 avril 2025). Dans une atmosphère d’écoute et de dialogue, la Fédération des Entreprises du Congo (FEC), groupement provincial du Lualaba, a organisé ce mercredi une matinée d’échanges avec le Fonds National d’Entretien Routier (FONER), représenté par son Directeur Général, Pierre Bundoki, en mission officielle dans la province.
La rencontre s’est tenue dans l’enceinte de Kampi Ya Boma, à Kolwezi, et a réuni plusieurs opérateurs économiques, membres influents de la FEC, autour de la problématique cruciale de l’entretien des routes en République Démocratique du Congo.

Dans son allocution, Pierre Bundoki a planté le décor en rappelant l’objet de sa présence dans l’espace du Lualaba.
« Nous avons commencé notre mission à Lubumbashi. Aujourd’hui, nous sommes à Kolwezi pour rencontrer les opérateurs économiques et échanger sur les enjeux liés au FONER, en particulier le traitement et l’entretien des routes. »
Le Directeur Général du FONER a rappelé que sa structure, créée en 2008, est une institution publique à caractère financier. Elle a pour mission principale, la collecte des ressources financières et le financement de l’entretien routier ainsi que la protection du patrimoine routier national.
Selon lui, l’entretien routier en RDC est confronté à de nombreux défis, notamment l’évasion des recettes, un fléau que le FONER tente de contenir malgré des moyens limités. Le secteur pétrolier, principal contributeur aux recettes du FONER, est particulièrement concerné par ces pertes de revenus.
« Une grande partie des recettes est perdue, surtout dans le domaine des produits pétroliers. Cela handicape sérieusement notre capacité à assurer un entretien efficace des routes », a souligné le DG du FONER.
Actuellement, le FONER collecte environ 160 millions de dollars par an, un montant largement insuffisant face aux besoins estimés à plus de 800 millions de dollars pour l’ensemble du réseau routier national, et 400 millions de dollars pour le réseau intra-prioritaire seulement.
Pour remplir sa mission, le FONER s’appuie sur plusieurs mécanismes de collecte :
• Une redevance perçue sur les carburants terrestres (100 USD par mètre cube mis en consommation),
• Les droits de péage sur les routes nationales non concédées,
• Et les redevances issues des postes de pesage, imposées aux véhicules lourds afin de préserver l’état des infrastructures.
Malgré la légitimité de ces perceptions, la fraude et l’évasion fiscale continuent de miner les efforts du FONER. Une situation que le DG a fermement dénoncée.
« La fraude ne profite ni au pays, ni à la FEC, ni au FONER. Elle ne profite qu’à une minorité d’individus qui s’enrichissent au détriment de la communauté nationale. »
Considérant que les opérateurs économiques sont les premiers utilisateurs du réseau routier, le DG Bundoki a lancé un appel solennel à leur implication dans la lutte contre la fraude, tout en plaidant pour un partenariat plus responsable.
« Nous comptons sur nos frères entrepreneurs pour se dresser contre la fraude. Il est temps que chacun assume sa part de responsabilité dans la préservation de notre patrimoine commun. »
Contrairement à certaines perceptions, le FONER n’exécute pas directement les travaux d’entretien routier. Il finance les travaux sur base des besoins soumis par les agences spécialisées telles que l’Office des Voiries et Drainage (OVD) et l’Office des Voies de Desserte Agricole, entre autres.
Pour l’année 2025, un programme est déjà en cours, incluant plusieurs projets de réhabilitation et d’entretien dans la province du Lualaba, confirmant ainsi l’engagement du FONER à accompagner les provinces dans la durabilité de leurs infrastructures.
La rencontre de Kolwezi s’est voulue un moment de vérité entre le FONER et les opérateurs économiques. Si les défis sont immenses, la volonté de les affronter collectivement semble bien présente. Pour le DG Bundoki, la pérennité des routes congolaises dépend en grande partie d’une mobilisation concertée entre les institutions publiques et le secteur privé. Selon lui, la lutte contre la fraude et une meilleure collaboration sont les clés de l’avenir du réseau routier national.
La Rédaction
