Renforcement de la sécurité dans le secteur minier : le gouvernement congolais à l’écoute d’ERG Africa

Par Timothée Prince ODIA
Dans un contexte où le climat sécuritaire reste préoccupant dans certaines zones minières de la République Démocratique du Congo, le Vice-premier ministre, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo, a reçu ce jeudi 20 mars les responsables de la société minière ERG Africa dans son cabinet de travail à Kinshasa.

Le groupe, actif dans les provinces du Haut-Katanga et Lualaba à travers les entreprises Frontier, Boss Mining, METALKOL, COMIDE, a alerté les autorités sur plusieurs incidents récents mettant en péril la continuité de ses opérations. Au cœur des échanges, la question cruciale de la sécurisation des sites miniers, notamment face à des cas répétés d’intrusions illégales et la présence d’hommes en uniforme non identifiés dans leurs concessions.
Le Vice-premier ministre, conscient des enjeux économiques et sociaux liés à l’exploitation minière, a exprimé sa ferme volonté d’agir. Il a promis de renforcer les dispositifs de sécurité étatiques dans la zone concernée afin d’assurer un environnement stable et sécurisé pour le personnel de l’entreprise ainsi que pour les communautés avoisinantes. Il s’est engagé à mobiliser ses services pour restaurer l’ordre et prévenir toute forme d’ingérence illégale sur les sites industriels.
À l’issue de la rencontre, Nicolas Treand, PDG d’ERG Africa, a salué l’écoute attentive et la réactivité du gouvernement congolais, soulignant que cette démarche marque un pas important vers la protection des investissements légitimes dans le pays.
Cependant, cette initiative gouvernementale s’inscrit dans un contexte plus large et préoccupant. Le 20 février dernier, le site de Menda, appartenant à Boss Mining (ERG Africa), avait été illégalement pris sous contrôle par des éléments en uniforme, bloquant l’accès aux responsables de l’entreprise. Un acte grave, révélateur de la porosité des dispositifs de contrôle dans certaines zones minières stratégiques, et qui ouvre la voie à l’infiltration de réseaux étrangers opérant en dehors du cadre légal.
Cette situation inquiétante pourrait bien être l’élément déclencheur ayant motivé l’intervention du Vice-premier ministre Jacquemin Shabani. Car plus qu’un simple problème sécuritaire, c’est l’intégrité du secteur minier congolais qui est en jeu, un secteur clé pour l’économie nationale, qu’il convient de protéger contre toute tentative de déstabilisation.
La Rédaction
