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La RDC face à une escalade militaire : la Société Civile et les FARDC sonnent l’alarme

Par Noé KALEMEKO

Le 21 janvier 2025, l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC) a été secoué par deux communiqués majeurs : celui de la Société Civile Forces Vives du Nord-Kivu et celui des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC). Ces déclarations exposent la gravité de la situation sécuritaire et humanitaire, tout en appelant à une mobilisation nationale et internationale pour contrer l’avancée des forces du M23-RDF-AFC et rétablir la paix.

Dans son communiqué, la Société Civile a exprimé une vive inquiétude face aux avancées du M23-RDF-AFC dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu, notamment avec la prise de la cité stratégique de Minova dans le territoire de Kalehe. Elle dresse un tableau sombre de la situation en soulignant plusieurs constats préoccupants :

1.  Blocage diplomatique :

La Société Civile pointe l’échec des initiatives internationales, comme le processus de paix de Luanda, qu’elle accuse d’être inefficaces face à l’agresseur. Elle dénonce également une complicité tacite de grandes puissances, notamment l’Union Européenne et les États-Unis.

2.  Crise sécuritaire :

•   Les actions des forces des M23 ont conduit à une intensification des combats et à une instabilité accrue dans les territoires occupés.

•   Le mouvement ennemi entrave la libre circulation sur les axes vitaux de la province.

3.  Crise humanitaire :

•   La prise de Minova et la progression vers d’autres zones du Sud-Kivu ont provoqué des déplacements massifs de populations civiles.

•   Les habitants font face à des conditions de vie extrêmement précaires, exacerbées par les actions des groupes armés.

Face à cette crise, la Société Civile appelle à une action urgente et coordonnée des autorités congolaises, des FARDC et de la communauté internationale. Parmi ses recommandations :

•   Sur le plan militaire; déployer davantage de moyens logistiques et humains pour renforcer les capacités des FARDC et organiser une riposte efficace.

•   Identifier, arrêter et poursuivre en justice les officiers et militaires complices de l’ennemi ou ayant des comportements de trahison.

•   Sur le plan économique; suspendre temporairement la perception des taxes dans les territoires affectés afin de soulager les populations locales.

•   Sur le plan humanitaire, garantir la sécurité des axes routiers stratégiques pour faciliter l’approvisionnement et les déplacements des populations.

•   Sur le plan diplomatique, exiger de la communauté internationale, en particulier des Nations Unies, de l’Union Africaine et de l’Union Européenne, une pression accrue sur le Rwanda pour qu’il retire ses troupes de la RDC et cesse de soutenir le M23.

Dans son propre communiqué, l’État-Major Général des FARDC a rappelé que les combats se poursuivent sur plusieurs fronts, notamment à Lubero, Sake et Nyiragongo, où les assauts ennemis ont été contenus.

Cependant, les FARDC reconnaissent une percée ennemie à Bweremana (Nord-Kivu) et Minova (Sud-Kivu). Malgré ces défis, elles assurent que l’ennemi enregistre d’importantes pertes en hommes et en matériel.

La convergence des messages entre la Société Civile et les FARDC reflète l’urgence de la situation. La Société Civile met en lumière les conséquences humanitaires de la crise, tandis que les FARDC insistent sur leur engagement à contenir l’agresseur.

Cependant, pour espérer un retour à la paix, une réponse coordonnée est nécessaire :

•   Une mobilisation accrue des forces armées pour protéger les civils.

•   Une assistance humanitaire immédiate pour les déplacés.

•   Une action diplomatique décisive pour contraindre le Rwanda et ses alliés à mettre fin à leurs hostilités.

L’Est de la RDC est à un tournant critique. Le destin de millions de Congolais repose sur la capacité des acteurs nationaux et internationaux à agir rapidement et efficacement.

La Rédaction