Agriculture

Lualaba : financement, semences, mécanisation; les cinq piliers de la stratégie agricole présentés aux fermiers

Par Timothée Prince ODIA

(Kolwezi, le 26 septembre 2026). Le financement de l’agriculture s’impose comme l’un des principaux leviers pour accroître la production et réduire la dépendance alimentaire de la République démocratique du Congo vis-à-vis des autres pays.

À Kolwezi, des grands exploitants agricoles du Lualaba ont été sensibilisés sur les mécanismes d’accompagnement et de financement de leurs activités. La rencontre, organisée dans la salle Immaculata, a permis aux producteurs d’exposer leurs principales difficultés et de prendre connaissance des orientations du gouvernement en matière de développement agricole.

Les fermiers ont notamment évoqué les pressions liées aux activités minières dans certaines concessions agricoles, les difficultés d’accès aux semences, le besoin d’accompagnement des pouvoirs publics ainsi que les problèmes liés à l’acquisition et à la sécurisation des documents de leurs concessions.

En réponse, le ministre provincial de l’Agriculture, Pêche et Élevage, Jean-Pierre Kalenga Mupataie, a reconnu la réalité de ces préoccupations.

« Vos préoccupations sont réelles. Mais sachez que, comme nous gérons également le ministère des Affaires foncières, nous avons toujours fait de notre mieux pour aider les agriculteurs en difficulté. Nos portes sont ouvertes et vous pouvez nous avoir à tout moment », a-t-il déclaré.

Le financement, un levier pour produire davantage

Au cœur des échanges, la question du financement apparaît comme une condition importante pour permettre aux exploitants de développer leurs activités.

Produire davantage nécessite des moyens pour acquérir les semences et autres intrants, investir dans la mécanisation, aménager les terres, développer l’irrigation, assurer le stockage, transformer les produits et accéder aux marchés.

L’objectif est donc de faciliter l’accès des producteurs à des mécanismes de financement adaptés à l’activité agricole. Une orientation qui inscrit davantage l’agriculture dans une logique d’investissement et non dans celle d’un simple appui ponctuel.

Pour les exploitants, l’accès au financement doit notamment leur permettre d’augmenter leurs capacités de production, de moderniser leurs fermes et de mieux valoriser leurs récoltes.

Cinq piliers présentés aux fermiers

Don Joseph Mukombozi, coordonnateur adjoint du Bureau de Promotion des Investissements Agricoles (BPIA), a présenté les cinq piliers de la stratégie nationale du ministère de l’Agriculture.

Il s’agit des semences agricoles, des fertilisants et pesticides, de la mécanisation agricole, de la production et de l’encadrement des agriculteurs, ainsi que du stockage, de la transformation et de la commercialisation.

Ces différents axes nécessitent des investissements importants. D’où l’importance, selon l’approche présentée aux fermiers, de renforcer les mécanismes permettant aux producteurs et aux institutions financières de mieux se rapprocher.

Au-delà de l’augmentation de la production, l’enjeu est également économique. Une agriculture mieux financée peut permettre aux exploitants de développer leurs entreprises, de créer des emplois et de générer davantage de revenus.

Pour la RDC, cette dynamique vise à renforcer progressivement la production locale et à réduire la dépendance alimentaire vis-à-vis des importations.

La rencontre s’est achevée par l’identification des fermiers éligibles présents. Une étape qui doit permettre de poursuivre le processus d’accompagnement des exploitants agricoles du Lualaba.

La Rédaction