RDC : La Gouverneure Fifi Masuka Saïni mérite respect et considération

Par Timothée Prince ODIA
(Kolwezi, le 25 août 2026). Les réseaux sociaux sont devenus un terrain privilégié du débat public en République Démocratique du Congo. Mais depuis quelque temps, les attaques visant la gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka Saïni, dépassent la simple critique de son action. Insultes, propos dégradants et attaques personnelles se multiplient, au point de poser une question simple : peut-on contester une gouverneure sans s’en prendre à la femme ?
Des journalistes sont recrutés dans des officines politiques pour s’attaquer à la gouverneure. Dans cette campagne de dénigrement, des pseudo-communicateurs privés du chef de l’État sont également à l’œuvre. L’objectif semble moins être de discuter de la gestion du Lualaba que de fragiliser une femme qui occupe une fonction publique de premier plan.
Depuis son accession à la tête de l’exécutif provincial, la gouverneure défend une vision fondée sur la transformation du Lualaba, la réalisation d’infrastructures et la diversification de l’économie provinciale. Ces chantiers alimentent naturellement le débat public et leurs résultats doivent pouvoir être examinés, questionnés et critiqués sur la base des faits.
Une chose, pourtant, ne devrait souffrir d’aucune ambiguïté : la contradiction politique ne donne à personne le droit d’humilier ou de déshumaniser.

Derrière la fonction, il y a une femme. Derrière la gouverneure, il y a aussi une mère et une citoyenne. Le mandat public expose à la critique, mais il ne retire ni la dignité ni le droit au respect.
Les campagnes numériques, les commentaires anonymes et les publications virulentes ne peuvent devenir un substitut au débat sur le fond.
Il y a une différence entre critiquer une gouverneure et l’insulter. Entre demander des comptes à une responsable publique et s’attaquer à sa personne. Entre combattre ses idées et chercher à la salir.

Sur les réseaux sociaux, cette frontière semble pourtant de plus en plus fragile.
Les désaccords politiques ne justifient ni les injures, ni les attaques personnelles, encore moins les campagnes de dénigrement.
On peut être contre Fifi Masuka Saïni. On peut être critique de sa gouvernance. On peut contester ses décisions, dénoncer ses erreurs et même réclamer son départ. Mais on peut le faire sans lui retirer sa dignité.
La démocratie n’est pas l’absence de confrontation. C’est la capacité à se confronter sans se déshumaniser.
La justice devrait donc se saisir de ces dérives, établir les responsabilités et appliquer les sanctions prévues par les lois de la République.
La Rédaction
