Kolwezi : la 4ᵉ édition de Sauti ya Macho s’achève sur l’ambition de faire rayonner l’art contemporain

Par Timothée Prince ODIA
(Kolwezi, 11 juillet 2026). Pendant trois jours, Kolwezi a changé de visage. Connue mondialement pour ses richesses minières, notamment le cuivre et le cobalt, la ville du Lualaba a vibré au rythme de l’art contemporain à l’occasion de la quatrième édition du Festival international Sauti ya Macho, clôturée ce samedi 11 juillet 2026. Au-delà des expositions et des performances artistiques, l’événement ambitionne de faire de la culture un levier de développement et de positionner Kolwezi comme un espace de référence de l’art contemporain en Afrique centrale.
Placée sous le thème « Ki-Siquod’Arts : Poétiques du quotidien », cette édition a invité les artistes à porter un nouveau regard sur les réalités ordinaires. Inspiré de la rencontre entre le swahili kila siku (chaque jour), le français « quotidien » et l’anglais daily, le concept défend l’idée que les gestes du quotidien, les réalités sociales, les transformations urbaines et les mutations liées à l’activité minière peuvent devenir une matière artistique.

Avant l’ouverture du festival, Doudou Miji, initiateur de Sauti ya Macho, avait expliqué vouloir faire de Kolwezi un espace de création, d’échanges et de professionnalisation des artistes, tout en renforçant la visibilité de la scène artistique congolaise.
Durant trois jours, artistes, chercheurs, passionnés de culture et visiteurs ont participé à des expositions, performances, séances de slam, danse, musique, conférences et échanges artistiques. Des créateurs venus de la RDC, mais aussi de plusieurs pays africains et européens, ont pris part à cette rencontre consacrée à la création contemporaine.

La cérémonie de clôture a été marquée par plusieurs temps forts. Après le mot de remerciement de Doux-Doux Miji, directeur général du Centre interculturel Sauti ya Macho, le public a assisté à des prestations artistiques, notamment une performance d’art oratoire du groupe Retorica et une démonstration de danse proposée par Didier Kayanga et Valdo.
La remise des brevets aux participants a constitué un autre moment symbolique. Elle est venue récompenser leur engagement et rappeler la volonté du festival de renforcer les capacités des acteurs culturels et d’accompagner l’émergence de nouveaux talents.
Cette dynamique bénéficie également du soutien de l’Institut français de Lubumbashi, partenaire du festival, qui accompagne les échanges culturels, la mobilité des artistes et l’ouverture de Kolwezi aux réseaux artistiques internationaux.

Dans son discours de clôture, Doudou Miji a réaffirmé sa volonté de poursuivre cette dynamique malgré les défis rencontrés. Il a salué l’engagement des artistes, des partenaires et des participants, tout en appelant à un accompagnement accru des initiatives culturelles afin qu’elles contribuent davantage au rayonnement du Lualaba.
Avec cette quatrième édition, Sauti ya Macho confirme sa place parmi les rendez-vous culturels majeurs de Kolwezi. Dans une province où l’économie repose largement sur l’exploitation minière, le festival rappelle que les richesses du Lualaba ne se limitent pas à son sous-sol. La créativité, le talent et l’expression artistique peuvent également contribuer à écrire une nouvelle histoire de la province.
La Rédaction
