Sauti ya Macho : « Ki-Siquod’arts », quand le quotidien devient une œuvre d’art à Kolwezi

Par Timothée Prince ODIA
(Kolwezi, le 07 Juillet 2026). Du 9 au 11 juillet 2026, Kolwezi vivra au rythme de l’art contemporain. Dans une ville mondialement connue pour ses immenses réserves de cuivre et de cobalt, le Festival international SAUTI YA MACHO revient pour une quatrième édition avec une ambition intacte : démontrer que la culture peut, elle aussi, devenir une richesse stratégique pour le développement de la province du Lualaba.
À quelques jours de l’ouverture officielle, le comité d’organisation a levé le voile sur les grandes lignes de cette édition lors d’une conférence de presse organisée au Centre culturel CLAC, en présence des journalistes, des artistes et des partenaires du festival.
Prévu au Mall La Joie de Kolwezi, le rendez-vous réunira des artistes venus du Lualaba, du Haut-Katanga et de Kinshasa, mais également du Sénégal, du Congo-Brazzaville et de la France. Expositions, performances, musique, slam, danse, éloquence et rencontres artistiques rythmeront ces trois jours consacrés à la création contemporaine.

Cette année, le festival est placé sous le thème « Ki-Siquod’arts : Poétiques du quotidien ». Un concept imaginé par son initiateur, Doudou Miji, qui puise son inspiration dans le swahili kila siku, le mot français quotidien et l’anglais daily. À travers cette thématique, les organisateurs invitent les artistes à regarder autrement les gestes ordinaires, les lieux de vie et les réalités qui façonnent le quotidien.
Le festival propose ainsi d’explorer plusieurs axes de réflexion : le quotidien dans les mines, les réalités sociales, les défis environnementaux, les transformations urbaines et industrielles, mais aussi l’ordinaire comme source de création artistique. Une manière de rappeler que l’art peut naître de ce qui nous entoure et ouvrir de nouvelles lectures sur les mutations d’un territoire.
Pour Doudou Miji, SAUTI YA MACHO dépasse le simple cadre d’un événement culturel. Sa vision est de faire de Kolwezi un pôle international de l’art contemporain, où le quotidien devient un langage artistique universel. À travers cette initiative, il entend professionnaliser les artistes, structurer le marché de l’art contemporain, favoriser les échanges internationaux et inscrire durablement la capitale du Lualaba parmi les grandes destinations culturelles africaines.

Cette ambition est portée avec le soutien de l’Institut français de Lubumbashi, partenaire du festival, qui accompagne cette dynamique de coopération culturelle, de mobilité des artistes et de promotion de la création contemporaine.
Le promoteur du festival n’a toutefois pas caché ses préoccupations. Il a déploré le manque d’accompagnement du gouvernement provincial, estimant que les ambitions portées par SAUTI YA MACHO méritent un soutien plus affirmé. Selon lui, investir dans la culture, c’est investir dans la jeunesse, dans l’économie créative et dans l’image de la province.
Au terme de cette conférence de presse, Doudou Miji a lancé un appel aux habitants de Kolwezi, aux amoureux de la culture et aux visiteurs de tous horizons à prendre part à cette quatrième édition de SAUTI YA MACHO. Il les invite à vivre trois jours de découvertes, de rencontres et de créations artistiques autour d’un festival qui ambitionne de faire de Kolwezi une référence de l’art contemporain en Afrique centrale.
Dans une province où l’économie est largement dominée par l’industrie minière, SAUTI YA MACHO porte une conviction forte : les richesses du sous-sol ne doivent pas occulter celles de la création. À Kolwezi, le cuivre et le cobalt continueront d’écrire l’histoire économique de la ville, mais, le temps de trois jours, l’art ambitionnera d’en écrire une autre, celle d’une cité qui fait de la culture un levier de développement, de dialogue et de rayonnement international.
La Rédaction
