Lualaba : controverse autour d’une pétition sans signature contre le Président du bureau de Conseil Provincial de la Jeunesse

Par Timothée Prince ODIA
(Kolwezi le 16 Octobre 2025).Une pétition sans signature adressée au ministre provincial de la Jeunesse du Lualaba circule depuis quelques heures sur les réseaux sociaux. Les auteurs de ce torchon sans fondement juridique et dépourvu de sens tentent de remettre en cause le mandat de Nguyuyu Kakese Steve, Président du Conseil Provincial de la Jeunesse (CPJ). Cette démarche d’un collectif d’inconnus se réclamant de plusieurs associations de jeunes suscite de vives réactions au sein de la jeunesse provinciale, qui y voit une tentative politique de déstabilisation d’une structure jusque-là engagée dans la promotion des initiatives juvéniles.
Une pétition jugée « sans fondement et manipulée »
Selon plusieurs sources proches du CPJ, le document qui circule sur les réseaux sociaux contiendrait « des affirmations mensongères, des interprétations erronées des textes et des intentions manifestement politisées ».

Pour le camp du président visé, les accusations d’incompétence et de participation à des activités politiques ne reposent sur aucun élément concret.
> « Le Président Kakese Steve n’est pas membre d’un parti politique. Il a été plutôt invité à une activité politique en sa qualité de numéro un du CPJ. Le Président Kakese a toujours agi dans le strict respect du caractère apolitique du Conseil de la Jeunesse. Les photos évoquées sont sorties de leur contexte », déclare un membre du bureau du CPJ, dénonçant une « manipulation grossière orchestrée par des mains invisibles ».

Depuis son élection, Nguyuyu Kakese est crédité de plusieurs actions en faveur de la jeunesse du Lualaba, dont la mise en place d’un cadre de dialogue entre les jeunes entrepreneurs, l’accompagnement de projets sociaux, la participation aux concertations provinciales et les plaidoyers auprès des autorités pour l’emploi des jeunes.
Son entourage estime que ces efforts « dérangent certains acteurs opportunistes » qui tenteraient de récupérer la structure à des fins politiques.
Concernant les supposées mésententes entre le CPJ et le ministre provincial de la Jeunesse, le CPJ dément formellement ces allégations qui visent à semer la division dans l’objectif de stopper les initiatives entreprises.
L’un des membres du bureau du CPJ, qui rappelle que des réunions internes se tiennent régulièrement, appelle au calme et au respect des procédures légales.
« Le Conseil Provincial de la Jeunesse n’est pas une propriété personnelle ni un champ de bataille politique. Les ambitions individuelles ne doivent pas prendre le dessus sur les valeurs d’unité, de service et d’intégrité que nous devons incarner », a-t-il déclaré lors d’un échange avec votre média.
Il invite également les autorités à tous les niveaux à ne pas se laisser entraîner dans une confusion entretenue par ceux qui cherchent à fragiliser la dynamique en cours.
« Après le succès de l’organisation des élections du Conseil urbain de la Jeunesse, nous sommes présentement concentrés dans les communes pour le même exercice. Voilà ce qui ne plaît pas aux détracteurs, qui sont visiblement frustrés », nous confie un autre membre du CPJ.

Pendant ce temps, sur le terrain, plusieurs associations de jeunes en règle avec l’État congolais disent ne pas se reconnaître dans cette pétition. Certaines affirment même n’avoir jamais été consultées avant la publication du document, qui ne porte aucune signature. Ces responsables d’associations rejettent l’accusation portant sur la non-convocation de l’assemblée générale, laquelle exige en principe certains préalables.
> « On accuse le Président du CPJ de n’avoir pas convoqué l’assemblée générale. Ce que ces frustrés oublient, c’est qu’il faut que les conditions soient réunies pour le faire : il faut des moyens financiers, de la logistique et d’autres préalables. L’assemblée générale se convoque d’ailleurs une fois l’an », rappelle une responsable d’une association de jeunes, qui estime que les auteurs de la soi-disant pétition sont des peureux.
« Pourquoi se cachent-ils derrière des écrits ? s’interroge-t-elle. S’ils pensent avoir raison, qu’ils signent la pétition et la déposent à qui de droit », a-t-elle ajouté.
Au Lualaba, plusieurs voix s’élèvent pour exiger une vérification de la légitimité du collectif pétitionnaire et une clarification du cadre juridique entourant une telle démarche, afin de préserver la crédibilité du CPJ Lualaba et de maintenir la cohésion de la jeunesse.
L’affaire autour du président du Conseil Provincial de la Jeunesse du Lualaba révèle davantage une lutte d’influence interne qu’un réel souci de gouvernance. Entre ambitions personnelles et manipulations politiques, la jeunesse lualabaise semble prise au piège de divisions artificielles.
La Rédaction
