Lualaba : le CAMI n’a pas compétence d’instituer une Zone d’Exploitation Artisanale (Mise au point)

Par Timothée Prince ODIA
(Kolwezi le 17 Juin 2025). Avec près de 400 000 creuseurs artisanaux, le Lualaba fait face à un déficit criant de Zones d’Exploitation Artisanale (ZEA). Cette carence perturbe l’organisation du secteur minier artisanal et suscite de nombreuses critiques, notamment contre le Cadastre Minier (CAMI).
A Kolwezi, coopératives minières et députés nationaux ont dénoncé l’inertie dans la création de ZEA. Le Directeur provincial du CAMI, Ricky Katombe Ngoy, clarifie :
« Le rôle du CAMI n’est pas de créer les ZEA, mais de vérifier si le périmètre ayant déjà obtenu les avis de quatre autres services est réellement libre avant la décision finale du Ministre national des Mines. »
La procédure d’institution d’une ZEA implique plusieurs niveaux dont le Service Géologique National, autorités provinciales, division des Mines, entités locales, avant l’avis technique du CAMI.
« L’institution des ZEA obéit à une procédure rigoureuse et multi-acteurs. »
Sur les 60 ZEA instituées dans la province, beaucoup restent inactives.
« Le véritable problème, ce sont des zones instituées sur base de cartes, sans étude géologique poussée. »

Le CAMI propose désormais une approche de terrain, ciblant les sites déjà occupés.
« Il faut vérifier la viabilité et dialoguer avec les détenteurs de titres. »
Certains cas pourraient justifier la création de nouvelles ZEA :
« Certaines coopératives versent une redevance au titulaire. D’autres sites sont occupés depuis plus de 20 ans. Cela peut être interprété comme un accord tacite. »
Mais il met en garde :
« On ne peut pas forcer un industriel à quitter un site qu’il exploite légalement. Il faut respecter la loi. »
Le chef de l’État a évoqué la question en Conseil des ministres, appelant à une solution concertée. Le CAMI se dit prêt à jouer sa part.
« Il est temps de revoir les pratiques et de bâtir un mécanisme plus réaliste et durable. »
Dans une province où l’artisanat minier reste un pilier économique, la formalisation du secteur est plus que jamais un enjeu social majeur.
La Rédaction
