Lualaba : le ministre Jean-Pierre Kalenga appelle les entreprises minières à plus de responsabilité sociale

Par Timothée Prince ODIA

(Kolwezi le 5 juin 2025). Le ministre provincial des Affaires foncières, Pêche et Elevage, Jean-Pierre Kalenga Mupataie, a participé ce jeudi 5 juin à une réunion d’évaluation et de redevabilité organisée à Kolwezi par Mutanda Mining (MUMI), en partenariat avec Kamoto Copper Company (KCC). Cette rencontre, qui s’est tenue en présence des représentants des communautés riveraines, a permis aux deux entreprises minières de présenter le bilan de leurs investissements sociaux.

Dans une démarche de redevabilité communautaire, Mutanda Mining (MUMI) et Kamoto Copper Company (KCC), deux filiales de Glencore opérant dans la province du Lualaba, ont présenté devant les communautés riveraines et les autorités locales, le bilan de leurs actions sociales et investissements communautaires.

C’est Hugue Munung, responsable du département social et environnemental chez Mutanda Mining, qui a pris la parole pour exposer les réalisations entreprises dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’agriculture, ainsi que dans d’autres aspects de la vie communautaire autour des zones d’influence de KCC et MUMI.

« Aujourd’hui, il s’agissait de présenter à la communauté ce que nous faisons dans leur intérêt. Que ce soit dans l’éducation, la santé, l’agriculture ou dans les autres secteurs, nous sommes venus rendre compte de tout ce qui a été demandé, convenu ou engagé », a déclaré Hugue Munung.

Selon lui, ces présentations s’inscrivent dans une logique de transparence et de dialogue participatif avec les communautés impactées par les activités minières de KCC et MUMI, conformément aux prescriptions du Code Minier révisé.

Par ailleurs, cette présentation a aussitôt été suivie d’un discours franc et critique du ministre provincial des Affaires foncières, Pêche et Élevage, Jean-Pierre Kalenga Mupataie, qui a soulevé des interrogations sur la réelle portée sociale des investissements miniers.

« Vous avez listé huit compagnies minières dans votre zone d’influence. Mais regardez les conditions de vie des communautés autour de vos sites; elles sont déplorables. A l’époque de la Gécamines, avec 450 000 tonnes/an, l’impact était visible. Aujourd’hui, vous produisez ce tonnage en un mois, mais les populations continuent à souffrir », a martelé le ministre.

Il a également appelé à une meilleure mutualisation des efforts entre les entreprises minières, exhortant celles-ci à répondre aux invitations des autorités provinciales pour discuter de stratégies concertées.

« Vous venez avec des matériaux de construction, c’est bien. Mais quel est l’impact ? La population vit toujours dans la précarité. Le gouvernement joue un rôle d’intermédiaire, mais nous devons chercher à humaniser les choses. »

Autre point de friction soulevé; la tendance de certaines entreprises à ériger de nouvelles infrastructures là où il en existe déjà, abandonnant des écoles ou centres de santé en état de délabrement.

« Pourquoi ne pas réhabiliter les infrastructures existantes, comme celles de Mutoshi ? Vous construisez du neuf alors que l’ancien est laissé à l’abandon. Ce double emploi ne se justifie pas toujours. »

Cette session a montré le besoin d’une meilleure synergie entre l’État et les opérateurs miniers, notamment sur le plan social. Si la contribution des compagnies comme KCC et MUMI est saluée, les attentes restent élevées quant à leur impact réel et visible dans les zones d’exploitation.

La Rédaction