Sécurité

Kolwezi : CASMIA-G ASBL condamne une vague d’arrestations dans les villages proches de KAMOA COPPER

Par Timothée Prince ODIA

(Kolwezi le 28 avril 2025). La tension reste vive dans les villages riverains des installations de l’entreprise minière KAMOA COPPER S.A., dans la province du Lualaba. La plateforme citoyenne CASMIA-G ASBL tire la sonnette d’alarme après une nouvelle vague d’arrestations signalée dans la matinée du dimanche 27 avril 2025 au village Kaponda.

Selon les témoignages recueillis par l’organisation, seize personnes, dont des femmes, ont été arrêtées aux premières heures de la journée par des éléments de la police. Les agents, rapportent les habitants, auraient pénétré de force dans certaines maisons pour procéder à ces interpellations. Les personnes arrêtées ont été acheminées vers Kolwezi et sont actuellement détenues à l’état-major de la police, en attente d’audition par un officier de police judiciaire avant un éventuel transfert au parquet.

Ces arrestations interviennent dans un contexte tendu, quelques jours après les manifestations du 21 avril sur la route menant aux installations de KAMOA COPPER. Les protestataires réclamaient notamment le paiement d’indemnités pour les champs et maisons situés sur les espaces convoités par l’entreprise pour l’expansion de ses activités minières.

Dans un communiqué publié ce 28 avril, CASMIA-G ASBL fustige ces interpellations qu’elle qualifie « d’arbitraires » et contraires aux libertés fondamentales. L’organisation rappelle que « la liberté est la règle, l’arrestation l’exception », citant les articles 17, 29 et 34 de la Constitution congolaise ainsi que l’article 451 du Règlement minier qui exige des titulaires de droits miniers le maintien de bonnes relations avec les communautés locales.

« L’entreprise KAMOA, partie prenante au conflit, a la responsabilité de faire cesser cette vague d’arrestations et de rouvrir la voie au dialogue », insiste le communiqué signé par le coordonnateur national, Mukad Mway End NAW.

CASMIA-G ASBL appelle par ailleurs les autorités politico-militaires à favoriser une désescalade immédiate, à libérer les personnes arrêtées et à relancer les négociations entre la population et la société minière. L’organisation exhorte également les communautés concernées à rester calmes, à ne pas céder à la violence, et à signaler toute forme d’intimidation aux autorités compétentes.

Pour CASMIA-G, la voie vers une paix durable passe par le respect des droits des populations locales et la promotion d’un dialogue constructif entre toutes les parties impliquées dans le processus de délocalisation.

La Rédaction