Lualaba : pourtant subventionnée par le gouvernement Masuka, la société civile est-elle complice passive dans l’exécution des cahiers des charges des entreprises minières !

Par Timothée Prince ODIA
(Kolwezi, le 15 avril 2025). Lors de la cérémonie officielle de signature du deuxième cahier des charges entre la société minière METALKOL et les communautés locales, tenue le 14 avril 2025 à Kolwezi, la Gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka Saini, a livré un discours aussi ferme qu’inhabituel.

Dans une prise de parole sans détour, la Cheffe de l’exécutif provincial a exprimé sa déception face au manque de résultats concrets sur le terrain, malgré les montants importants mobilisés par les entreprises minières pour le compte de l’exécution des cahiers des charges.
« Beaucoup d’argent sort, mais rien n’est fait sur le terrain », a-t-elle déclaré d’un ton sévère, pointant du doigt aussi bien les entreprises minières que la société civile, soupçonnée de complicité passive.
« Vous, les responsables à qui on donne toutes ces sommes, faites attention. Quand vous signez, faites-le vraiment. »
Fifi Masuka n’a pas mâché ses mots à l’égard de la société civile qu’elle soutient pourtant financièrement.
« J’accorde une subvention à cette société civile presque chaque mois », a-t-elle rappelé, avant de s’interroger sur leur silence face aux manquements des sociétés minières, « Vous ne dites rien. Êtes-vous complices ? »
La Gouverneure a également regretté que le précédent cahier des charges n’ait pas été suivi d’effet sur le terrain, malgré des engagements visibles sur papier. Elle a dénoncé une situation de crise masquée par des rapports optimistes, appelant à un changement radical de méthode.
Dans ce nouveau cycle, elle annonce une collaboration renforcée avec le groupe ERG, maison mère de METALKOL, pour garantir la mise en œuvre effective des projets convenus.
« Nous nous sommes mis d’accord avec le groupe ERG pour agir. Nous allons faire le suivi », a-t-elle assuré.

Fifi Masuka a tenu à rappeler que les fonds publics ne peuvent être investis sans visibilité sur leur impact réel : « Je ne peux pas continuer à dépenser là où il y a un cahier des charges mais pas de résultats. »
Pour l’exécutif provincial, il est temps de rompre avec les engagements théoriques et d’entrer dans une phase d’action concrète et contrôlée. Le nouveau cahier des charges, axé sur l’agriculture, l’éducation et l’entrepreneuriat communautaire, devra cette fois répondre véritablement aux attentes des populations locales.
La Rédaction
