Nord-Kivu : Goma entre pillages, affrontements et exode vers le Rwanda

Par Noé KALEMEKO
La situation à Goma, dans le Nord-Kivu, s’aggrave de jour en jour. Tandis que les affrontements entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, font rage, la population civile est livrée à elle-même, confrontée à une crise humanitaire.
Des tirs incessants résonnent encore dans le centre-ville de Goma, transformant des quartiers entiers en zones de guerre. Cette instabilité a poussé de nombreux habitants à piller boutiques et supermarchés, notamment le célèbre Kin Marché, en quête de nourriture, d’eau potable et de produits de première nécessité. La ville, privée d’électricité et de services de base, plonge les habitants dans une détresse extrême, les forçant à adopter des mesures désespérées pour survivre.
Les combats, particulièrement violents, ont également entraîné des blessés parmi les civils. Des sources locales rapportent que plusieurs victimes ont été enregistrées à Goma, alors que la ville peine à répondre à l’urgence sanitaire faute d’accès sécurisé aux structures médicales.
De l’autre côté de la frontière, la ville rwandaise de Gisenyi n’est pas épargnée. Les tirs croisés et les bombardements dans la zone frontalière ont poussé des familles entières à fuir, transformant Gisenyi en un lieu d’exode.
Selon des témoins, plusieurs décès ont été signalés à Gisenyi à cause des éclats de bombes, tandis que les blessés peinent à recevoir des soins.
Pendant ce temps, le combat se poursuit avec acharnement entre les FARDC et le M23. L’appui du Rwanda au mouvement rebelle continue de compliquer la situation, ajoutant une dimension internationale à cette crise.
Face à cette catastrophe, les habitants de Goma et de Gisenyi appellent à une intervention urgente pour stopper les hostilités et répondre aux besoins humanitaires criants. La communauté internationale, qui observe ce drame de près, est désormais sous pression pour agir et éviter que la région ne sombre davantage dans le chaos.
Face à cette insécurité persistante dans l’Est de la République Démocratique du Congo, une réunion d’urgence interinstitutionnelle s’est tenue le 27 janvier 2025.
Convoquée par le président Félix Antoine Tshisekedi, elle a rassemblé plusieurs hauts responsables, dont la première ministre, le président du Sénat, le président de l’Assemblée nationale, et le procureur général près la Cour de cassation.
L’objectif est de tracer un plan concret pour ramener la stabilité dans le Nord-Kivu, une province ravagée par les violences des groupes armés.
Au terme de cette rencontre, Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale, a annoncé que des changements étaient à l’ordre du jour. Parmi les mesures envisagées figure la désignation de nouvelles autorités pour la région. Cette initiative vise à renforcer la gouvernance et à rétablir une présence étatique forte dans une zone marquée par l’effondrement des structures administratives et sécuritaires.
La Rédaction
