Mines

Lualaba : Les ONG appellent l’Etat à montrer l’exemple en matière de traçabilité et transparence dans le secteur minier (Communiqué de presse)

L’Action Sans Frontière (ASF), Justicia ASBL et Agir pour le Patriotisme, les Droits de l’Homme et la Justice (APDHJ), toutes trois des organisations non-gouvernementales congolaises et signataires du présent communiqué de presse suivent de près l’actualité sur le secteur minier artisanal dans la filière de cuivre et cobalt dans la province du Lualaba, particulièrement en ce qui concerne le centre de négoce de Musompo à Kolwezi.
En effet, l’érection d’un centre de négoce, prévue par le Code et Règlement miniers demeure salutaire dans la mesure où la traçabilité et la transparence qui font partie des piliers de la bonne gouvernance des ressources naturelles deviennent davantage garanties. A ce titre, le centre de négoce traduit la volonté de l’Etat d’offrir aux producteurs artisanaux et acheteurs un cadre de travail adéquat sous l’œil vigilant des services étatiques habilités.

En conséquence, les organisations signataires considèrent que compte tenu du contexte actuel caractérisé par l’absence des zones dédiées aux activités minières artisanales, l’approvisionnement du centre de négoce au moyen des produits miniers marchands en provenance des périmètres concédés est une violation manifeste de la législation minière et ne ferait que ternir davantage l’image du secteur minier et de la République. Les ONG voudraient dissuader les autorités compétentes de prendre cette option.

Les ONG constatent les efforts déployés par la province du Lualaba pour rendre opérationnel le centre de négoce de Musompo ; elles soutiennent cette démarche sensée renforcer l’assainissement du secteur minier artisanal.

Néanmoins, ces efforts continuent de se heurter à une question fondamentale : d’où proviendront le cuivre et cobalt pour approvisionner le centre de négoce ?
Cette question légitime mérite d’être posée et les autorités compétentes portent la responsabilité d’y répondre sans langue de bois.
En d’autres termes, opérationnaliser le centre de négoce est une chose, tandis que s’assurer de la licéité des sites d’extraction en est une autre. Cela devrait être la priorité pour les autorités compétentes.

C’est pourquoi, les organisations signataires insistent sur la mise à disposition des zones d’exploitation artisanale (ZEA) aux coopératives minières et l’appui pour leur viabilisation.
Toutefois, si l’Etat persiste à accepter au centre de négoce les produits miniers en provenance des périmètres concédés, dans ce cas et en toute responsabilité, il doit avoir le courage de certifier lesdits sites.

Par ailleurs, les ONG dénoncent ce que les coopératives minières considèrent comme tracasseries fiscales causées par la multiplicité des taxes et d’autres paiements sans quittance ; des barrières érigées par les services étatiques avec l’objectif final de se faire payer. Devant cette anarchie, les ONG demandent des mesures courageuses des autorités compétences et la définition claire des taxes à recouvrer.
En revanche, les organisations signataires exhortent les concessionnaires industriels à ouvrir un dialogue franc avec ceux qui occupent une partie de leurs concessions en les considérant comme des communautés locales qui ont droit à la vie et aux retombées des ressources naturelles qui les entourent.

Fait à Kolwezi, le 23/10/2026