Kolwezi : en colère, les creuseurs artisanaux paralysent plusieurs quartiers

Par Timothée Prince ODIA
(Kolwezi, le 19 octobre 2026)
Des manifestations de creuseurs artisanaux perturbent ce lundi plusieurs quartiers de Kolwezi, dans le Lualaba. Ils protestent contre les contrôles dans les entités de traitement et les comptoirs d’achat de minerais, ainsi que contre les difficultés d’accès aux sites d’exploitation.
La colère des creuseurs artisanaux gagne plusieurs quartiers de Kolwezi. De Kasulo à l’UCK, en passant par Kanina, Musonoie, Kazembe et l’axe T17, les manifestations ont perturbé la circulation et les activités ce lundi, sur fond de tensions autour de la commercialisation des minerais et de la relocalisation des exploitants.
À l’origine de cette mobilisation, la fermeture de certains comptoirs d’achat et les restrictions qui pèsent sur la vente des minerais. Ces mesures réduisent les possibilités d’écoulement de la production et privent de nombreux exploitants de revenus. Les manifestants estiment que les opérations de contrôle aggravent davantage leur précarité.
La situation a dégénéré sur l’axe Kasulo-Luilu, où des véhicules ont été caillassés et des passagers blessés, selon les informations recueillies. Des pneus ont également été brûlés sur la route nationale numéro 39, perturbant la circulation.
À l’UCK, les interventions de la police n’avaient pas permis de ramener le calme à la mi-journée. À Kanina et Musonoie, des véhicules ont aussi été visés par des jets de pierres. À Kasulo et Kazembe, les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants, qui réclament notamment la réouverture des comptoirs d’achat.
Des zones d’exploitation toujours attendues
Au-delà des contrôles, les creuseurs réclament la concrétisation des engagements du gouvernement congolais concernant les zones d’exploitation artisanale (ZEA). Ils dénoncent la lenteur des travaux d’aménagement des sites censés accueillir les exploitants délocalisés, notamment ceux transférés de T17 vers Kasulo.
Le site de Kamilombe suscite également des inquiétudes. Des exploitants contestent la reprise de certains espaces par l’État et redoutent de devoir quitter leurs lieux de travail sans solution de remplacement offrant des conditions d’exploitation acceptables.
Les autorités du Lualaba ont évoqué la ZEA n° 371 pour accueillir les creuseurs de Kamilombe. Mais les exploitants s’interrogent sur l’éloignement de ce site, son niveau d’aménagement et son potentiel minier.
À Kasulo, les travaux de découverture et de viabilisation de la ZEA 786 ont été officiellement lancés le 14 juillet 2026 par le directeur général du Service d’assistance et d’encadrement de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle (SAEMAPE), Jean-Paul Kapongo, en présence de la gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka Saïni.
Cependant, les préoccupations exprimées sur le terrain portent sur la lenteur des travaux, jugée incompatible avec les besoins des exploitants privés de leur principale source de revenus.
Le ministère des Mines, dirigé par Louis Watum Kabamba, a également annoncé la perspective de mettre à disposition 33 zones d’exploitation artisanale. Mais leur concrétisation reste attendue par les creuseurs, confrontés à des difficultés économiques et à l’incertitude sur leurs futurs lieux de travail.
La mobilisation de ce lundi met ainsi en lumière des revendications qui dépassent les seules opérations de contrôle : les manifestants demandent des débouchés pour leur production et des sites aménagés leur permettant de reprendre leurs activités.
À la mi-journée, aucun bilan officiel des incidents ni aucune réaction des autorités concernant les revendications des manifestants n’étaient disponibles. La situation reste tendue dans plusieurs quartiers de Kolwezi.
La Rédaction
