Mines

Lualaba : interdiction des millitaires et policiers dans les mines, JC Tshiwewe plaide pour le retour des des coopératives minières au coeur de l’exploitation artisanale

Par Noé KALEMEKO

(Kolwezi, le 13 juillet 2026). L’annonce du retrait des militaires et policiers des sites miniers, décidée par le Président de la République, Félix Tshisekedi, continue de susciter des réactions parmi les acteurs du secteur minier artisanal. Au Lualaba, Jean-Claude Tshiwewe, acteur du secteur, salue cette décision qu’il considère comme une avancée importante pour l’assainissement de la chaîne d’approvisionnement en minerais. Il insiste toutefois sur la nécessité d’une application stricte et sans complaisance.

Selon lui, la présence des hommes en uniforme dans les sites miniers constitue depuis plusieurs années une préoccupation majeure des exploitants artisanaux.

« Si aujourd’hui le Chef de l’État prend cette décision de ne plus voir les hommes en uniforme dans les sites miniers, c’est vraiment une bonne chose », affirme-t-il.

Jean-Claude Tshiwewe rappelle cependant que des mesures similaires ont déjà été annoncées par le passé, sans produire les résultats attendus. Il évoque notamment le déploiement de commissions mixtes et de hauts responsables militaires venus de Kinshasa pour mettre fin à cette pratique, mais dont les actions n’ont pas permis d’éradiquer durablement le phénomène.

« Nous demandons au Chef de l’État ainsi qu’aux services qui seront déployés sur le terrain de veiller à l’application effective de cette décision. La République démocratique du Congo dispose de bonnes lois, mais leur véritable défi reste leur mise en œuvre », soutient-il.

Pour cet acteur du secteur minier artisanal, cette réforme pourrait également améliorer l’image des minerais congolais sur le marché international. Il estime que la présence des militaires dans certains sites a longtemps alimenté les critiques à l’égard des minerais congolais, parfois qualifiés de « minerais de sang ».

A ses yeux, le retrait effectif des hommes en uniforme permettra de renforcer la traçabilité des minerais et d’accroître la crédibilité de la chaîne d’approvisionnement, ce qui représenterait un avantage considérable pour l’État congolais.

Par ailleurs, Jean-Claude Tshiwewe dénonce également l’implication d’autres acteurs qu’il juge étrangers à l’exploitation minière artisanale. Il cite notamment certains responsables politiques, des partis politiques et des services de sécurité, qu’il accuse d’avoir progressivement occupé la place des coopératives minières et des négociants.

Il estime que l’application stricte de la décision présidentielle permettra aux coopératives minières de retrouver pleinement leur rôle et d’exercer leurs activités conformément à la législation en vigueur.

Cependant, il affirme que les autorités provinciales sont pleinement informées de cette réalité sur le terrain et souligne que cette revendication est largement partagée par les exploitants artisanaux, qui attendent des actions concrètes pour garantir l’effectivité de la mesure annoncée par le Chef de l’État.

La Rédaction