Politique

« La survie même du Congo est en jeu » : Kabila appelle à la résistance contre le changement de la Constitution

Par Timothée Prince ODIA

(Kolwezi, le 12 juin 2026). L’ancien président de la République, Joseph Kabila Kabange, hausse le ton face aux discussions sur une éventuelle révision de la Constitution.

Dans un message adressé au peuple congolais, il affirme que « la survie même du Congo est en jeu » et appelle à une mobilisation nationale pour défendre l’ordre constitutionnel et les acquis démocratiques.

Près d’un an après sa précédente adresse à la Nation, Joseph Kabila estime que la situation du pays continue de se dégrader. Le président honoraire rappelle avoir déjà proposé une « thérapie de choc » en douze points et avoir mis en garde contre le risque de « soudanisation » de la République démocratique du Congo, c’est-à-dire son implosion, si rien n’est entrepris pour mettre fin à ce qu’il considère comme une mauvaise gouvernance.

Dans son message daté du 11 juin 2026, l’ancien chef de l’État dénonce une gestion qu’il qualifie d’« arrogante, liberticide, prédatrice et profondément discriminatoire », affirmant que le pays est gouverné en violation des règles établies.

Face à ce qu’il présente comme une volonté du pouvoir de changer la Constitution, Joseph Kabila rappelle les dispositions de l’article 64 de la loi fondamentale, qui imposent à tout Congolais le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus exerçant le pouvoir en violation de la Constitution.

« Il ne s’agit pas seulement d’un droit. Il s’agit d’un devoir patriotique », soutient-il.

Le sénateur à vie marque ainsi sa « ferme opposition » à toute réforme constitutionnelle qu’il considère comme une atteinte au contrat social. Il lance un appel à un sursaut national et invite toutes les forces vives du pays, sans distinction d’origine, de province, de religion, de langue ou d’appartenance politique, à se mobiliser pour la défense de la Constitution.

Joseph Kabila exhorte également les Congolais à soutenir les initiatives portées par les forces politiques et sociales engagées dans la préservation des acquis démocratiques, fruit, selon lui, de longues années de sacrifices consentis par le peuple.

Dans un appel à la vigilance citoyenne, l’ancien président souhaite voir chaque famille, chaque avenue, chaque quartier, chaque village et chaque ville devenir des « cellules de résistance citoyenne » capables de dénoncer les atteintes aux libertés publiques, aux droits des citoyens et aux exigences de bonne gouvernance.

« Vive la République démocratique du Congo, une, indivisible et démocratique », conclut-il, avant d’invoquer la protection divine sur le peuple congolais et ses dirigeants.

Cette nouvelle sortie de Joseph Kabila intervient alors que ses relations avec le pouvoir de Kinshasa traversent l’une des périodes les plus tendues depuis son départ du pouvoir en 2019. L’ancien chef de l’État est notamment accusé par les autorités congolaises d’entretenir des liens avec l’Alliance Fleuve Congo (AFC), la coalition politico-militaire associée au M23, des accusations que le président honoraire rejette.

En juin 2026, la Haute Cour militaire l’a condamné à mort par contumace pour plusieurs chefs d’accusation, notamment participation à un mouvement insurrectionnel, trahison et crimes contre la paix.

Malgré ce bras de fer judiciaire et politique avec le régime de Félix Tshisekedi, Joseph Kabila poursuit ses prises de parole sur la situation du pays et se présente comme l’un des défenseurs de l’ordre constitutionnel et des acquis démocratiques.

La Rédaction