Lualaba : Dieudonné Seinguy Kabangu Mukalay, la dignité du journalisme jusqu’à son dernier souffle

Par Timothée Prince ODIA

(Kolwezi le 11 Avril 2025). C’est dans une atmosphère de profonde émotion que Kolwezi a fait ses adieux à l’un de ses fils les plus marquants du paysage médiatique. Seinguy Dieudonné Kabangu Mukalay, figure emblématique du journalisme congolais, a été accompagné à sa dernière demeure par une foule nombreuse, venue témoigner du respect et de l’affection que lui vouaient collègues, proches et anonymes.

Narcisse Kabamba Président de L’UNPC Lualaba

Les hommages se sont succédé devant le cercueil, avant la levée du corps. Tous saluaient le parcours exceptionnel d’un homme resté fidèle à sa passion : informer, former, et servir avec droiture. Des voix connues de la presse locale ont rappelé ses qualités de passeur d’idées et d’homme de médias engagé. À la Radio Télévision Kolwezi Yalisano (RTKL), où il a terminé sa carrière en tant que Directeur Général, il laisse une salle de rédaction orpheline, mais aussi inspirée par son exigence professionnelle et sa bienveillance.

Pour l’Union Nationale de la Presse Congolaise, sous-section du Lualaba, Seinguy était bien plus qu’un confrère : « Il était une boussole, une voix crédible dans un paysage souvent brouillé. » Son aisance dans l’exercice de la revue de presse, sa rigueur dans l’animation de débats, et son écoute des jeunes professionnels font partie de l’héritage qu’il lègue à la corporation.

Né en 1976, Dieudonné Kabangu fait ses premiers pas dans le journalisme à la Radio Télévision Debout Kasaï (RTDKA). Il y forge un style : posé, précis, pédagogique. Très vite, sa voix devient familière, notamment à travers des formats d’analyse qui mettent en lumière les enjeux de l’heure.

Le feu journaliste Seinguy Dieudonné Kabangu Mukalay

Il poursuivra son chemin à la RTIV de Lubumbashi, puis à VBER. Mais c’est à la RTKL qu’il s’installe définitivement. Là, il gravira chaque échelon, sans jamais quitter le terrain. Son bureau restait toujours ouvert aux jeunes journalistes en quête de conseils, comme à ceux venus discuter d’une idée, d’un script ou d’un choix éditorial.

En tant que Directeur de l’Information, puis Directeur Général, il n’a jamais cessé de croire à une presse rigoureuse, au service du public. Il portait un regard lucide mais toujours constructif sur les défis du métier. Jusqu’au bout, il aura été fidèle à ses convictions.

Seinguy Kabangu est décédé à l’âge de 49 ans. Il laisse derrière lui une famille nombreuse – 11 enfants, dont 10 garçons – mais aussi une génération de journalistes qu’il a marquée de son empreinte. Il a été inhumé à la Cité des Anges, dans un dernier silence que seules les voix de ceux qu’il a inspirés viendront désormais combler.

Kolwezi perd une voix. La RDC, un journaliste d’exception. Mais l’écho de son engagement continue de résonner dans les salles de rédaction, les studios, et dans chaque ligne écrite avec conscience.

La Rédaction