Mines

Lualaba : Kolwezi replonge dans la tension, voici les raisons de la colère persistante des mineurs artisanaux

Par Timothée Prince ODIA

(Kolwezi, le 26 octobre 2026). Les tensions reprennent de plus belle à Kolwezi. Ce lundi, les exploitants miniers artisanaux manifestent de nouveau pour dénoncer les difficultés de commercialisation de leurs minerais. Ils réclament l’accès aux entités de traitement et la concrétisation des 33 zones d’exploitation artisanale promises par les autorités.

La situation est particulièrement tendue à Mutoshi et Kasulo. Des manifestants tentent de rejoindre le centre-ville, où les forces de l’ordre et l’armée ont été déployées pour contenir leur progression. Des pneus brûlés et des actes de vandalisme sont signalés. Des coups de feu entendus dans certains secteurs ont accentué la peur parmi les habitants. Plusieurs écoles et commerces ont également fermé leurs portes.

Le circuit de vente au cœur du mécontentement

Pour les exploitants interrogés ce lundi, le problème est simple : ils disposent de minerais, mais ne trouvent pas où les vendre. Ils exigent la réouverture de toutes les entités de traitement et refusent de dépendre du Centre de négoce de Musompo, jugé trop éloigné de leurs sites d’exploitation. Ils contestent aussi les opérations d’expertise du Centre d’évaluation, d’expertise et de certification (CEEC).

Ces revendications interviennent alors que les autorités renforcent l’encadrement des achats de minerais artisanaux. Les négociants, notamment chinois, sont désormais appelés à respecter les circuits légaux. Le 26 septembre dernier, sept ressortissants chinois avaient été refoulés de Kolwezi pour des faits présumés d’achat illicite de minerais dans des concessions industrielles.

Kamilombe : un accord de départ attendu ce lundi

Le dossier de Kamilombe figure également parmi les sources de tension. Au cours d’une réunion tenue la semaine dernière, le responsable de la coopérative encadrant les exploitants du site avait signé un protocole d’accord acceptant leur départ.

Un autre site, situé à environ 35 kilomètres de Kamilombe, leur a été proposé. Le gouvernement avait, en outre, pris l’engagement de payer par voie bancaire les minerais déjà extraits et ceux provenant des puits encore en activité. Les modalités d’évacuation des stocks avaient également été garanties. Le départ des exploitants était prévu pour ce lundi 26 octobre.

Les autorités maintiennent leur position

La gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka Saïni, avait précédemment affirmé qu’aucune entité de traitement n’était fermée. Elle avait exhorté les exploitants à commercialiser leurs produits à travers les coopératives reconnues par l’État et auprès des sociétés autorisées.

Chico Kebonte, conseiller du ministre national des Mines, avait de son côté présenté les opérations de contrôle comme une démarche destinée à assainir le secteur et à protéger les intérêts des exploitants artisanaux.

Malgré les concertations engagées la semaine dernière, les positions restent éloignées. Les mineurs artisanaux réclament des débouchés pour leur production et la matérialisation des 33 ZEA promises, tandis que l’État entend faire respecter les circuits réglementés. La compréhension de ces mécanismes par les exploitants demeure un enjeu important pour éviter que les mesures de contrôle ne soient davantage perçues comme des obstacles à leurs activités.

La Rédaction