RDC/mines : Arrêté du Ministre Louis Watum, Lambert Menda alerte sur les risques sécuritaires au Lualaba et au Haut-Katanga

Par Timothée Prince ODIA
(Kolwezi le 29 Décembre 2025). La décision du gouvernement congolais de suspendre les activités minières et la commercialisation des substances minérales issues de l’exploitation artisanale dans la filière cupro-cobaltifère a suscité de vives réactions dans les provinces minières du Lualaba et du Haut-Katanga.
Si l’Arrêté du ministre national des Mines, Louis Watum Kabamba, vise à assainir le secteur, ses conséquences sur le terrain inquiètent certains acteurs de la société civile, qui redoutent une dégradation de la situation sécuritaire.

Selon la nouvelle société civile congolaise par le biais de son coordonnateur Lambert Menda, la fermeture des entités des traitements et commercialisation des minerais issues de l’exploitation artisanale pourrait créer un climat de frustration chez les creuseurs artisanaux, favorisant ainsi des tensions sociales susceptibles d’être exploitées par des groupes armés, notamment les rebelles de AFC/M23.
Ces derniers pourraient profiter de l’instabilité pour s’infiltrer plus facilement dans ces zones stratégiques riches en minerais.
Lambert Menda estime néanmoins que l’Arrêté ministériel est, sur le fond, une bonne mesure.
Pour lui, cette décision permet de mettre fin à certaines pratiques illégales, notamment l’implantation des comptoirs d’achats aux abords des concessions minières industrielles, une situation souvent source de conflits entre exploitants industriels et artisanaux.
Toutefois, Lambert Menda appelle le ministre des Mines à mesurer l’impact réel de cette suspension sur les populations locales. Il souligne que, depuis la publication officielle de l’arrêté, plusieurs troubles ont été enregistrés dans la province du Lualaba, impliquant des creuseurs artisanaux en colère.
Des actes de vandalisme, des atteintes aux biens publics et privés, ainsi que des pertes en vies humaines auraient été constatés.
Le coordonnateur de la NSCC dénonce ce qu’il qualifie de violation de l’article 67 de la Constitution de la République Démocratique du Congo, lequel stipule que tout citoyen a le devoir de protéger les biens publics et privés ainsi que les intérêts généraux de la nation.
Il affirme avoir été témoin de scènes de non-respect des biens de l’État et d’autrui après l’annonce de la mesure gouvernementale. La nouvelle société civile congolaise pointe également la négligence observée dans la protection des biens publics et appelle à un sursaut de patriotisme, tant de la part des creuseurs artisanaux que des habitants des zones concernées.
Il plaide pour une gestion responsable de la crise, fondée sur le dialogue, afin d’éviter que les tensions sociales ne se transforment en une menace sécuritaire plus large.
Alors que le secteur minier demeure un pilier essentiel de l’économie nationale, les regards restent tournés vers le gouvernement, appelé à concilier l’assainissement du secteur, le maintien de l’ordre public et la préservation de la paix dans les provinces minières du sud-est du pays.
La Rédaction
