Lualaba : Après le drame minier de Safi, le SAEMAPE recommande la démilitarisation du site

Par Timothée Prince ODIA
(Kakanda, le 12 Mars 2026). Un nouveau développement intervient après le drame survenu sur le site minier de Safi, près de la cité de Kakanda, dans le territoire de Lubudi, province du Lualaba.
Dans son rapport technique publié le 12 mars, le Service d’assistance et d’encadrement de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle (SAEMAPE) recommande notamment la démilitarisation de cette zone minière.
Un accident meurtrier dans une zone instable
Le 11 mars 2026, un éboulement s’est produit tôt le matin dans une fosse d’exploitation du site minier de Safi, situé à environ 100 kilomètres à l’est de Kolwezi. Selon le rapport technique du SAEMAPE, l’accident est survenu alors que des exploitants miniers artisanaux se trouvaient dans la carrière pour extraire du minerai.
Le bilan provisoire fait état d’au moins dix exploitants miniers artisanaux décédés et d’un blessé.
Lors des opérations de recherche menées sur le site, un autre corps en état de décomposition avancée a également été découvert. Il s’agit de celui d’un enfant d’environ 13 ans, selon les constatations des équipes présentes sur place.
Les premières analyses indiquent que l’instabilité des matériaux dans la fosse serait à l’origine de l’éboulement. Les experts évoquent notamment :
la hauteur excessive des gradins, estimée à environ 37 mètres au lieu de 5 mètres recommandés ;
la nature sablo-argileuse du sol, particulièrement fragile ;
un angle de talus trop élevé, allant jusqu’à 70 ou 80 degrés ;
une mauvaise gestion des eaux de pluie et des infiltrations souterraines.
Le rapport souligne également un manque d’encadrement technique des activités minières sur le site.

Une exploitation artisanale tolérée
Le site de Safi se trouve sur le permis d’exploitation de la société Boss Mining. Les activités y sont majoritairement mécanisées, mais des exploitants miniers artisanaux y accèdent également.
Selon le rapport, ces derniers sont autorisés à travailler entre 5 heures et 9 heures du matin, à la suite d’arrangements entre une coopérative locale et son partenaire technique.
Toutefois, le SAEMAPE précise que la coopérative opérant sur le site ne dispose d’aucun avis technique de ce service, ce qui signifie que les activités artisanales ne sont pas officiellement encadrées.
Le SAEMAPE recommande la démilitarisation du site
À l’issue de sa mission d’inspection menée le 12 mars, le SAEMAPE a décidé la fermeture préventive de la zone touchée par l’éboulement, afin de préserver des vies humaines.
Dans ses recommandations, le service préconise plusieurs mesures urgentes, notamment :
la suspension immédiate des travaux artisanaux dans la zone affectée ;
l’évaluation technique de toutes les zones instables du site de Safi ;
la validation préalable par le SAEMAPE des zones d’exploitation ;
et surtout le retrait des militaires présents sur le site, en vue de leur remplacement par la Police des mines et hydrocarbures.
Selon le rapport, cette mesure vise à garantir un encadrement plus approprié et conforme aux normes de l’exploitation minière artisanale.
Vers une réorganisation de l’exploitation
Le SAEMAPE estime que l’exploitation artisanale ne pourra reprendre qu’après :
l’aménagement technique de la zone instable ;
l’encadrement officiel des activités par les services compétents ;
et la limitation de l’accès au site aux seules personnes autorisées.

En attendant, le site de Safi reste sous surveillance, tandis que les autorités provinciales sont appelées à prendre des mesures pour éviter qu’un tel drame ne se reproduise dans cette zone minière du Lualaba.
La rédaction
