Lutte contre la fraude minière : Justicia Asbl félicite le ministre de la Justice mais met en garde contre une justice sélective

Par Timothée Prince ODIA

(Kolwezi le 30 Octobre 2025). Dans le cadre de la lutte contre la fraude minière au Lualaba, l’organisation Justicia Asbl appelle le Gouvernement congolais à une justice équitable, loin de toute forme de sélectivité.

Dans une lettre ouverte adressée au ministre de la Justice et Garde des sceaux, l’organisation de défense des droits humains (JUSTICIA ASBL) dit avoir pris acte du communiqué officiel du 28 octobre, par lequel le ministre a instruit le procureur général près la Cour de cassation ainsi que l’auditeur général des FARDC d’engager des poursuites judiciaires contre les auteurs de fraude minière dans la province du Lualaba.

Justicia Asbl salue cette décision qu’elle qualifie de « démarche légale, bien que tardive », rappelant qu’elle fait écho à de nombreuses préoccupations déjà soulevées par des ONG et des groupes de travail œuvrant sur les principes volontaires sur la sécurité et les droits de l’homme dans les provinces du Haut-Katanga et du Lualaba.

Cependant, l’organisation présidée par Maître Timothée Mbuya prévient qu’elle ne saurait cautionner « une justice sélective » visant à protéger certains auteurs « bien connus », cités dans plusieurs rapports et procédures devant les juridictions internationales.

Selon la lettre, ces réseaux de fraude seraient alimentés par des personnalités officielles, congolaises et étrangères, actives dans un système de pillage organisé des ressources minières. Justicia évoque notamment l’implication présumée de certains officiers militaires et de membres de la Garde républicaine, dénonçant un climat d’impunité entretenu par des individus politiquement exposés.

Dans cette correspondance consultée par Topinfo.cd, Justicia Asbl dit soutenir toute action judiciaire visant à assainir le secteur minier, mais insiste sur la nécessité d’un traitement égal devant la loi, sans distinction de rang, d’origine ou de proximité politique.

« Nous ne soutiendrons aucune justice sélective destinée à épargner les cerveaux de cette mafia minière, qu’ils soient nationaux ou étrangers », prévient l’organisation.

L’ONG rappelle par ailleurs que les résolutions du Conseil supérieur de la défense du 13 avril 2019 ainsi que les instructions du chef d’état-major des FARDC et de l’auditeur général près la Haute Cour militaire n’ont jamais été mises en œuvre, preuve selon elle de la persistance d’une « impuissance institutionnelle face à des intérêts puissants »

La Rédaction