Lualaba : plus de 400 travailleurs de Kamoa Kakula menacés de licenciement après une grève pacifique

Par Timothée Prince ODIA

(Kolwezi, 14 avril 2025). Un vent de tension souffle sur le site minier de Kamoa dans la province du Lualaba, où près de 450 travailleurs de la société sous-traitante Kamoa Kakula Construction Company sont en grève depuis le 11 avril 2024.

En réponse à ce mouvement pacifique, ces ouvriers sont désormais menacés de licenciement individualisé, sur la base d’images captées par drone, une méthode dénoncée comme abusive et contraire au Code du travail congolais.

C’est dans ce contexte que l’Initiative pour la Protection des Droits de l’Homme et la Réinsertion Sociale (IPDHOR) a publié ce 14 avril un communiqué de presse exprimant sa “profonde inquiétude face à la situation alarmante” vécue par ces travailleurs.

Selon le communiqué signé par Léonard Zama, président national de l’IPDHOR, les revendications des grévistes reposent sur huit points clés qui dévoilent des violations présumées du Code du travail congolais. Parmi celles-ci on cite :
• L’absence d’installation des maisons syndicales, en violation de l’article 230 ;
• La suppression des primes de confinement, alors que les travailleurs sont encore soumis à des conditions strictes depuis la pandémie de COVID-19 ;
• Une couverture médicale jugée très limitée pour les travailleurs et leurs familles ;
• Le renouvellement abusif des contrats à durée déterminée, en contradiction avec l’article 41, alinéa 2 ;
• L’absence de matricules CNSS, privant les employés de leurs droits sociaux ;
• Des salaires insuffisants, en décalage avec le coût de la vie local ;
• La qualité médiocre de la cantine, avec un menu imposé et répétitif (notamment le plat surnommé “Thomson”) ;
• Et la prolongation jugée injustifiée du confinement sur les lieux de travail.

Par ailleurs, l’IPDHOR appelle l’Assemblée Provinciale du Lualaba à s’impliquer activement pour une résolution juste et durable du conflit.

Cette structure de la société civile demande également à l’inspection provinciale du Travail à diligenter une enquête approfondie mais aussi à la direction de Kamoa Kakula Construction Company à respecter la législation en vigueur. Elle exhorte aussi au gouvernement provincial à initier une vaste campagne de sensibilisation sur les droits des travailleurs, notamment auprès des sociétés sous-traitantes.

Pour l’IPDHOR, cette réaction est non seulement “disproportionnée”, mais elle constitue aussi une atteinte au droit fondamental à la grève, garanti par la législation congolaise.

Alors que le projet minier de Kamoa est présenté comme l’un des plus ambitieux du pays, l’organisation rappelle que “la dignité humaine et le respect du droit du travail doivent primer sur les intérêts économiques.”

Nos efforts pour obtenir la version de la direction de Kamoa Kakula Construction Company sont restés vains. L’entreprise accusée n’a, jusqu’à présent, communiqué sur cette situation.

La Rédaction